Forces et faiblesses de la réalité virtuelle en éducation

Par Robert Marquis, collaborateur spécial
Institut national des mines 

Le chapitre 7 de la publication en référence, intitulé The Potentials and Trends of Virtual Reality in Education, recense plus de 975 publications scientifiques issues de la recherche universitaire sur la réalité virtuelle appliquée à l’éducation. Les auteurs proposent une analyse détaillée de cette documentation publiée entre 1995 et 2016 dans les 20 pays les plus impliqués en recherche sur la réalité virtuelle. Leur analyse aide à mieux comprendre les atouts et les barrières persistantes qui limitent encore l’utilisation de cette technologie.

Sommaire de lecture

La technologie de la réalité virtuelle propose un nombre croissant d’applications éducatives qu’il est possible de regrouper en quatre grandes catégories. Bien entendu, ces catégories ne sont pas exclusives. Elles se combinent fréquemment au sein d’un même environnement d’apprentissage.

1.       L’observation d’objets ou de lieux spécifiques

La première catégorie est celle de l’observation d’objets ou de lieux spécifiques. À titre d’exemple appliqué aux sciences, l’apprentissage par l’observation permet à l’élève d’étudier l’astronomie en se déplaçant sur une planète virtuelle ou de suivre un cours de biologie moléculaire en explorant une cellule dans un monde microscopique où il est présent sous la forme d’un avatar. La principale difficulté consiste alors à recréer un sentiment de présence.

2.       La réalité virtuelle comme outil dans un environnement opérationnel sécuritaire

La seconde catégorie utilise la réalité virtuelle comme un outil dans un environnement opérationnel sécuritaire. L’apprentissage opérationnel est technologiquement exigeant, car il implique l’accès à une plateforme tactile pour saisir et déplacer des objets ou pour réaliser une tâche complexe. À titre d’exemple, l’entraînement d’un conducteur d’engin mobile, d’une infirmière, d’un chirurgien ou d’un astronaute entre dans cette catégorie. Un avantage de la réalité virtuelle en contexte opérationnel est de favoriser la répétition des gestes sans danger.

3.      La réalité virtuelle comme instrument de socialisation et de coopération

La troisième catégorie consiste à utiliser la réalité virtuelle comme un instrument de socialisation et de coopération. Il s’agit alors de créer une situation virtuelle qui permet à l’élève d’interagir et de coopérer avec d’autres élèves ainsi que son enseignant, et ce, dans un monde virtuel. Créer un fort sentiment de présence dans ce groupe virtuel demeure un grand défi. Cette caractéristique est particulièrement intéressante pour l’enseignement à distance.

4.      Intégration à des activités de recherche académique

Finalement, la dernière catégorie est intégrée aux activités de recherche académique, car les expériences par modélisation virtuelle réduisent énormément les coûts et les délais d’expérimentation en laboratoire. De plus en plus de départements universitaires disposent de laboratoires de réalité virtuelle dédiés à une grande diversité d’activités de recherche.

En conclusion, les défis à relever pour optimiser l’utilisation de la réalité virtuelle en classe ne sont pas seulement associés au coût et à la maîtrise des technologies selon les auteurs de la publication en référence. Pour être mieux adaptées au besoin, les applications devront être développées dès le départ en prenant en considération une théorie d’apprentissage et une approche pédagogique qui intègre la supervision et l’évaluation des compétences acquises. L’expérience de l’élève est aussi un autre enjeu rarement considéré et qui regroupe à lui seul plusieurs éléments importants à considérer.

Conscient de ces défis et afin de contribuer à intégrer davantage la technologie de la réalité virtuelle dans l’offre de formation minière du Québec, l’Institut national des mines réalise chaque année des projets technologiques à fort contenu pédagogique. Réalisés avec des partenaires institutionnels et corporatifs de tout le Québec, les produits numériques qui découlent de ces projets sont mis à la disposition des écoles, des cégeps et des universités sans frais, au fur et à mesure de leur réalisation.

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